Le Relais de l’Entrecôte, patrimoine culinaire genevois!

15 septembre 2018

Alors que nos habitudes culinaires évoluent, le Relais de l’Entrecôte quant à lui ne bouge pas. Finalement, à quoi bon...

Le genevois exilé connaît ce sentiment mieux que personne : le manque cruel qui remonte à l’enfance ou à l’adolescence. Ne plus avoir accès au Relais de l’Entrecôte nous le fait apprécier davantage. L’illusion que tout est éternel est tenace et c’est une fois hors de nos frontières que nous réalisons que l’emblématique restaurant à la marquise rouge va nostalgiquement nous manquer. Car il est vrai que l’établissement assure et rassure !

Avec un service au-dessus de tout reproche, le Relais de l’Entrecôte navigue au fil des décennies, indifférent aux modes et aux tendances. Aucun besoin de se remettre en question, la formule est aussi inimitable qu’imbattable. 

Tout commence à Paris il y a près de 60 ans avec le grand-père (Paul). Bon vivant, originaire de Toulouse, il vit dans une propriété viticole. Un jour, il décide de monter un restaurant avec une formule unique. A l’époque les gens l’ont pris pour un fou. Il se prête à rêver d’une sauce qui obligerait tout le monde à faire la queue pour la goûter. Il y croit et monte son premier restaurant à Paris, Porte Maillot. Malheureusement, il décède deux ans après l’ouverture et ce sont ses filles qui reprennent le flambeau. 

Au début des années 80, la famille arrive en Suisse. Deux ans plus tard l’Entrecôte Genève est créée. Les débuts sont très difficiles et le restaurant fait salle…vide. Au bout de deux ans, la fiduciaire demande même à la propriétaire de fermer l’établissement mais elle tient bon et persiste. Les genevois n’étaient pas encore prêts… 

Les membres de la famille Burrus ne sont pas des restaurateurs. C’est par le plus grand des hasards qu’ils s’investissent dans ce milieu. Leur but est de maintenir et développer le concept en créant une ambiance « maison » plutôt que celle d’un restaurant. Et c’est sans doute la clé de la réussite. Le style et le personnel contribuent au succès de l’affaire. L’exigence et la rigueur sont de mise pour « les filles », comme les appelle la propriétaire, mais toujours dans un esprit de clan.

La famille est toujours restée dans l’ombre, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un regard sur tout. L’anonymat s’est fait normalement sans avoir été recherché. Le concept est la pièce maîtresse et il apparaît très vite qu’il n’est pas nécessaire d’accueillir les clients à la porte. 

Qu’en est-il des ingrédients de la sauce ? Anchois ? Worcestershire Sauce ? Moutarde ? Echalote ? Vinaigre ? Qui le sait vraiment ? La recette est gardée secrète et a été brevetée. C’est tout dire ! La légende voudrait que le grand-père ait réalisé cette sauce tout seul chez lui. Aucun employé la connaît, seuls les membres de la famille, ce qui ne les empêche pas de prendre l’avion ensemble ! Le plus surprenant c’est que cette sauce au goût inimitable est toujours en vogue et plus que jamais d’actualité. 

Malgré les difficultés liées à la conjoncture, l’Entrecôte conserve une approche authentique et vraie grâce à un concept qui plaît à tout le monde. Les clients savent pourquoi ils viennent, il n’y a pas de surprise, pas de choix à faire. L’envie déclenche une impulsion, le restaurant s’efforce de répondre à ce besoin.  Il n’y a plus qu’à s’asseoir, commander les boissons et choisir la cuisson de la viande. C’est ce que les gens recherchent, gain de temps, sécurité, confort. Les clients savent exactement ce qu’ils veulent, que ce qu’ils veulent est bon et finissent par l’obtenir. La constance est efficace ! Quelle aventure !


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Le Relais de l'Entrecôte

6 rue Pierre-Fatio, 1204 Genève

Mots clés : boeuf, entrecôte, frites, salade, viande