La Petite Maison : un air de Provence à Mayfair !

5 février 2016

La Petite Maison, version londonienne du restaurant provençal. Nice meets Mayfair!

La scène gastronomique londonienne est à son paroxysme. La capitale anglaise a même nargué Paris en voulant devenir le centre du monde sur le plan culinaire et accessoirement le centre du monde tout court ! Mais depuis un certain temps, Paris revient  sur le devant de la scène ! Non pas à la faveur de mesures ministérielles initiées par Laurent Fabius mais grâce à une jeune garde de cuisiniers qui veulent rendre à la gastronomie françaises ses lettre de noblesse.

La Petite Maison London

Mais London reste London ! J’aime cette ville et sa décomplexion « so british » ! J’aime cette aisance vestimentaire autorisant le port d’un costume croisé à rayures assorti à une chemise à carreaux et une cravate à pois avec l’option d’une paire de chaussettes sauvagement colorées ! « Who cares » ce que les autres pensent, les anglais assument et s’assument !

La Petite Maison London

A Londres, le monde de la restauration est similaire à la mode : ça marche, je dirais même que ça marche fort. Les restaurants sont pleins (malgré un coup moyen par couvert exorbitant). Le système de réservation est un parcours du combattant et pourrait résumer à lui seul le succès de la plupart des restaurants : confirmation téléphonique de votre nom, du nombre de couverts, de l’heure d’arrivée (et de départ si possible) ainsi que du numéro de votre carte de crédit. L’ensemble de ces informations est ensuite envoyé sur votre adresse mail avec l’obligation de (re)confirmer. Dernier point mais non des moindres : un autre email vous précise qu’une taxe de GBP 50.00 vous sera automatiquement débitée en cas d’absence ! Je vous le disais, c’est un autre monde, une autre ambiance et ce sont de facto d’autres tarifs ! Mais si les restaurants londoniens se protègent (certes à outrance) des « no-shows », cette pratique s’explique par les 50 personnes sur liste d’attente prêtes à prendre votre réservation.

La Petite Maison London

La Petite Maison est un restaurant à l’accent provençal. La version londonienne est une franchise de la maison mère de Nice. Un établissement élégant, lumineux, où le service efficace et léger rappelle le professionnalisme d’une brasserie Lipp. La cuisine est chantante et synonyme de partage. Les entrées misent sur les classiques de la cuisine du sud de la France : tapenade, pissaladière, petits farcis, ratatouille, carpaccio (bœuf, Saint Jacques, thon ou encore seriole), poulpe et saumon finement tranchés, calamars frits et… escargots (là, il faudra m’expliquer). D’un point de vue géographique, l’origine des plats est plus variée : pâtes italiennes (pappardelle sauce bolognaise, linguine aux palourdes et gnocchi à la tomate) et viandes en tout genre (entrecôtes et côtes de veau grillées, médaillons de chevreuil, côtelettes d’agneau). Mais je m’interroge : où sont passés la bouillabaisse, la soupe de poisson et sa rouille, la bourride, les rougets, la langouste royale ou à l’américaine, ou encore le homard à la nage ? (Clin d’œil à la carte du restaurant Bacon au Cap d’Antibes).

La Petite Maison London

Le repas fut excellent. Tous les plats dégustés sont d’une efficacité redoutable, en matière de goût et de présentation. Il n’y a rien à redire. Mais j’ai l’impression que le modèle décliné à Cannes, Paris, Dubaï ou Beyrouth s’adapte (intelligemment du reste) aux exigences du plus grand nombre. Disons que dans un monde où tout s’exporte, tout se franchise, tout se ressemble (et s’assemble), la Petite Maison réussit brillamment son évolution !


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La Petite Maison

Mots clés : Carpaccio, londres, petits-farcis, pissaladière, provençal, ratatouille