Gin save the Queen…

28 septembre 2017

Resté longtemps dans l’ombre commerciale de sa meilleure ennemie la vodka, le gin est de retour sur le zinc des bars à cocktails

C’est indéniablement le spiritueux du moment. Resté longtemps dans l’ombre commerciale de sa meilleure ennemie la vodka, le gin est de retour sur le zinc des bars à cocktails. Un revirement récent qui fait le bonheur des passionnés de cette boisson appréciée de Winston Churchill et de la reine Elisabeth II. Loin de l’image de la vodka et de ses champs de patates poussant dans le froid sibérien, le gin évoque une élégance en vogue, un concentré de glamour. «Gin save the Queen»…

Royal Navy & Baies de Genièvre

La généalogie du gin n’est pourtant pas aussi british qu’on pourrait le croire. Sa production commence aux Pays-Bas à la fin du XVIIe siècle. Le lien avec l’Angleterre? L’histoire veut que la Royal Navy l’employât sur ses bâtiments de guerre pour conserver sa poudre à canon. Un cocktail déjà explosif dont la recette va se développer avec le temps.

Alcool neutre par excellence, la préparation permet aux incontournables baies de genièvre de s’ébattre en compagnie d’épices variées. Ecorce de citron et lavande pour certains, romarin, laurier ou cardamome pour d’autres… tout l’herbier y passe.

Un twist signé Yoann Caloué

Mais impossible de parler du gin sans évoquer son compère de toujours: le tonic, cette eau additionnée de quinine à l’origine destinée à soigner la malaria. Servi traditionnellement dans un large verre à pied avec beaucoup de glaçons, le gin tonic est désormais aussi répandu sur les comptoirs de Londres et de Paris que ceux de Lausanne ou de Genève. Yoann Caloué a bien compris ce nouvel engouement. Le chef du restaurant Le Flacon à Carouge vient de reprendre l’incontournable bar le Qu’importe, situé à 50 mètres de là. «Nous souhaitons mettre un soupçon de Flacon au Qu’importe, explique-t-il. Les clients pourront toujours venir ici pour simplement boire un verre.» A sa carte, une sélection des cocktails qui s’éto e et met notamment l’accent sur un choix de gins rare et ciblé, «avec lesquels on peut réaliser des assemblages sympas, abordables, variés et sublimés par une large gamme de Schweppes». De quoi inventer des combinaisons originales entre le Martin Miller’s et un tonic aromatisé à l’orange blossom & lavender ou cet autre cocktail, mariage entre un gin Generous combiné à un soda parfumé à la cardamome.

La dernière trouvaille du bartender? Une association de gin saveur saké et de tonic à l’hibiscus. Quelques baies de genièvre et un morceau d’écorce de pamplemousse tourbillonné venant parachever ce petit trésor de fraîcheur.

Origine

C’est en ramenant en Angleterre cette «eau de genièvre» qui deviendra «genever», «geneva», puis «gin» que la boisson connaîtra un nouvel essor.

Médecine

Autrefois, le gin était réputé agir sur les aigreurs d’estomac, soulager la goutte et les douleurs provoquées par les calculs biliaires.

Recette

Le gin dans sa version basique est composé d’alcool neutre recti é dans lequel on fait infuser des baies de genévrier ainsi que d’autres épices, le tout étant redistillé. Dans une version plus haut de gamme, le maître distillateur fabrique lui-même son distillat plutôt que d’acheter de l’alcool rectifié.

Tonic

Le tonique est une boisson gazeuse contenant de la quinine (d’où son inimitable goût amer) qui servait à l’origine à soigner la malaria, avant d’être supplantée par ses dérivés.


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Qu'Importe

Yoann Caloué

1 rue Ancienne, 1227 Carouge

Mots clés : cocktail, genièvre, gin, tonic