Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous !

1 décembre 2015

Niché sur l'interminable rue du Cherche-Midi à Paris, Chez Dumont-Joséphine est un cri du coeur et de plaisir

Barbara occupe une place particulière dans ma culture musicale. Elle me rend nostalgique du temps qui passe, ce qui me fait prendre conscience que les amis sont des biens précieux et que les retrouvailles autour d’un repas peuvent être des moments de joie et de partage inégalés.

Je vous plante le décor : Paris, Saint-Germain, rue du Cherche Midi, numéro 117 plus précisément. Laissez vous guider par ce récit parisien et partagez ma plus belle découverte dans la capitale française.

Chez Dumonet Joséphine

Ce restaurant, je l’ai espéré longtemps, si longtemps ! Je l’ai cherché, rêvé, dessiné des centaines de fois dans ma tête. Un bistrot divisé en trois petite salles en enfilade, une brasserie à taille humaine avec un décor « belle époque », des nappes blanches, des tables permettant de s’asseoir à deux côte à côte sur la même banquette et de se prendre un instant pour Yves Montant et Simone Signoret à la Colombe d’Or ; cravates noires pour les serveurs (plus actuelles que des nœuds papillon), photos de copains (connus ou anonymes), double magnums de premiers grands crus classés trônant fièrement sur une étagère et reflétant une soirée passée bien arrosée… une âme !

Légère attente pour une table… pas grave ! Pas le temps de dire ouf qu’un verre de blanc nous est proposé pour nous faire patienter. Une fois attablés, les « trois essentiels » d’un début de repas s’enchaînent avec rigueur : eau, pain, beurre. Les serveurs sont d’une efficacité redoutable, sympathiques et (pour Paris) courtois et souriants. La carte propose des entrées telles que saumon fumé, terrine, foie gras, morilles farcies, huîtres, pressée de colvert. Les intitulés des plats sont tous plus alléchants les uns que les autres : confit de canard, rognons, poule faisane, bœuf bourguignon, ris de veau, côte de bœuf, chateaubriand ou encore tournedos Rossini.

Chez Dumonet Joséphine

Millefeuille de Pigeon et ses cuisses confites

Un moment de perfection culinaire qui provoque un big bang d’aromes, de textures, de saveurs et transporte mon palais dans un univers parallèle ! La tendreté du pigeon contraste avec le croustillant des fines lamelles de pommes de terre disposées en rosace et me laisse sans voix. Mais c’est la sauce si délicatement sirupeuse qui remporte la palme et fait battre mon cœur la chamade. Je reste sonné, dès la première bouchée, ma mâchoire se décroche comme sur un personnage de Tex Avery. La situation est lunaire, difficilement explicable ; je m’emballe puis reprends mes esprits ; j’enfourche délicatement un morceau de pigeon (rosé), quelques lamelles de pomme de terre et je nappe l’ensemble… Nous restons silencieux. La suite est du même acabit ; chaque bouchée me réconforte, me rassure, me confirme que le plat est d’anthologie, jusqu’à la dernière qui m’annonce que le rideau se baisse (Bonjour Tristesse)… le plat est fini !

Chez Dumonet Joséphine

Millefeuille Jean-Louis

Le dessert est stratosphérique, nous le partageons car il est généreux. Le rêve continue, les sourires gourmands font pétiller nos yeux. Les regards unanimes se croisent avec complicité ; Mon Dieu, que c’est bon ! Nous faisons mine de laisser un dernier morceau par politesse lissée. Nos regards se croisent de nouveau… Fou rire ! Nous dégainons nos trois fourchettes au même moment, il n’en reste aucune miette.

So ?

Le chef vient nous voir en fin de repas et prend le temps de s’asseoir. Il observe une photo et lève son verre : regards malicieux, complices, son père disparu lui manque, sans aucun doute. Au détour de quelques prunes, nous évoquons sa vie, la nôtre, son passé et le nôtre. Beau moment d’échange. Il arrive ainsi que des inconnus partagent des moments de vie. Passionné de voile, hommage spontané à Tabarly et de Kersauson. Des potes, des amoureux de la vie… des hommes, des vrais !

J’ai (enfin) trouvé « le temple où me recueillir ». Une chanson de Barbara me revient en tête : « Elle fut longue la route, mais je l’ai faite la route ; celle-là qui menait jusqu’à vous »… « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous » !


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Chez Dumonet-Joséphine

117 rue du Cherche-Midi

Mots clés : boeuf, brasserie, chateaubriand, confit de canard, coup de coeur, millefeuille, millefeuille de pigeon, paris, poule, ris de veau, roignon