Café des Arts : Saint-Tropez l’authentique!

29 septembre 2015

Un restaurant resté dans son jus au milieu de la folie tropézienne. Côte de boeuf, soupions, poivrons anchoïade...

Les gens qui me connaissent savent à quel point je suis attaché à ce petit village de pêcheurs, célèbre dans le monde entier. J’y passe mes vacances depuis 37 ans ! En toute saison, été comme hiver, à Pâques, à Noël en passant par la Toussaint. Je connais la chaleur écrasante de l’été et les rares flocons de neige au Jour de l’An, les pins parasols, les balades matinales le long des plages de Pampelonne, les premières lueurs de l’aube après avoir dansé toute la nuit, le sentier du littoral, les vignes, la lumière au coucher du soleil colorant les maisons d’une palette d’ocres chaleureux. Sans oublier le Mistral que les locaux détestent mais que j’apprécie tendrement : il ravive les bleus de la mer et du ciel, hérisse la surface des vagues de crêtes d’écume blanche, tord les arbres. Mes premiers souvenirs gourmands, mes premières odeurs, tous remontent à Saint-Tropez.

Les petits farcis de bienvenue de mon arrière grand-mère après les 5 heures de route, les poissons au four assaisonnés de beurre blanc de mon grand-père, les encornets et les artichauts à la barigoule du restaurant chez Fuchs (si souvent imités, jamais égalés), le feuilleté aux gambas et la poire Belle Hélène du grand Louis Lions au restaurant doublement étoilé Lei Mouscardins, la pizza incomparable (que je mange le matin) du marché de la place des Lices, le tartare de boeuf du Gorille à 5 heures du matin, les moules sauce Poulette de la plage Moorea, la pissaladière de l’épicerie de la famille Boix (arcade actuellement occupée par la marque Malo), les généreuses terrines campagnardes de l’Auberge de la Môle, la bouillabaisse de chez Camille…

Café des Arts à Saint-Tropez

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ». Etait-ce mieux avant ? Pour moi, oui ! Les plats traditionnels précités sont remplacés aujourd’hui par les éternelles salades César (rarement accompagnées de l’authentique sauce montée comme une mayonnaise), les rébarbatifs burgers aux diverses appellations, les désespérants thons snackés mi-cuits au sésame, les banales tomates buratta décorées d’un inutile trait de réduction de vinaigre balsamique sur le bord de l’assiette, les insipides nigiris, makis, sashimis, rolls en tout genre qui restent un sacrilège pour tout maître sushi nippon qui se respecte. Stop à la standardisation et l’uniformité. Je prône un retour à la simplicité, au vrai, au pittoresque, aux fondamentaux ! Retrouvons le plaisir d’une nourriture simple et locale. Venez avec moi au Café des Arts sur la place de Lices.

A l’intérieur, ça gueule, les vannes fusent, les insultes imagées pleuvent, le tout avec l’accent. Les joueurs de boules et de cartes s’encanaillent avant de reprendre tardivement le chemin de la maison. En terrasse, point d’hôtesses perchées sur des échasses de 20 cm à l’accueil, point de hipsters en salle qui étouffent dans leurs chemises moulantes avec des cols à 7 boutons et des nœuds papillon à clip, point de DJ tatoués vêtus de T-shirts « I F*ck Mykonos » ou « Ibiza is for hippies » qui mixent des mp3 directement inspirés de la dernière playlist d’NRJ (nostalgie des platines Technics MK2) ; vous verrez plutôt des travailleurs de l’ombre s’efforçant de perdurer des traditions villageoises au delà des modes et des tendances actuelles.

Café des Arts à Saint-Tropez

Ne vous attendez donc pas à de la cuisine fusion mais à de l’authentique. Partagez-vous des entrées : poivrons anchoïade, beignets de fleurs de courgette (un tout petit peu trop gras), des encornets ou encore des petits farcis. Poursuivez votre repas avec une belle côte de bœuf (saignante of course) nature, sans sauce (éventuellement un peu de moutarde pour relever le goût) ou un poisson grillé. Jean-Jacques et Brigitte en salle, Paulo au bar vous garantiront une belle soirée avec un service haut en couleur, efficace, chantant et de caractère.

Café des Arts à Saint-Tropez

Alors, oui les temps changent ! Mais heureusement quelques gardiens du temple sont là pour défendre une cuisine simple, traditionnelle, intemporelle et honnête (autant en termes de saveurs que de prix). Le village possède des traditions qui font tout son charme et sa beauté et qu’il faut savoir apprécier avec simplicité. Continuons à les apprécier et réjouissons-nous d’avoir le privilège de les découvrir !


Retour


Café des Arts

1 Place Carnot, 83990 Saint-Tropez

Mots clés : anchoïade, côte de boeuf, saint-tropez