Un nouvel oiseau au bleu nuit

18 septembre 2018

Ancien disciple de Florian Le Bouhec, Muhamed Muratovic (dit "Momo") débarque derrière les fourneaux du Bleu Nuit. Essai gagnant !

Vous ne le connaissez peut-être pas mais son nom ne vous laissera plus indifférents. Il est jeune, talentueux et pendant cinq ans fut le bras droit de Florian Le Bouhec, respectivement au Café de la Paix et au Bologne. Après un passage aux côtés de Benjamin Ansart et Stéphane Raynaud au Bistrot du Lion d’Or à Carouge, Muhamed Muratovic, dit « Momo », vole enfin de ses propres ailes et vient de reprendre les fourneaux du Bleu Nuit à Plainpalais où il propose une cuisine de marché toute en gourmandise.

A quelques encablures du très en vogue quartier des Bains, ce restaurant faisait auparavant figure d’outsider sur le plan purement culinaire. Aujourd’hui, la cuisine a fait peau neuve. Côté décor, le mobilier et le parquet viennent réchauffer une salle de restaurant claire et lumineuse, dans la plus pure tradition bistrotière, tandis que l’on accède toujours au bar « speak-easy » (comprenez « shut shut »: c’est cool, bobo et plus tendance) par la porte d’un frigo.

Le repas débute par un carpaccio de daurade charnue, sa vinaigrette de jalapeno et des pointes de crème de poivron. D’emblée électrisante, accompagnée d’un verre (ou plusieurs) de Féchy le Brez millésime 2016 du Domaine de la Colombe de Raymond Paccot, l’entrée fait mouche autant par sa texture que par son assaisonnement. Enchaînement marin avec le mi-cuit de thon, morceau de pastèque infusée au Pastis, burrata et trait de pesto. Cuisson parfaitement rosée, assaisonnement maitrisé, gourmandise assurée !

Le festival se poursuit avec un Saint-Pierre (une fois de plus divinement nacré), accompagné d’artichauts, de quelques coques par-ci, par-là, de févettes et d’un beurre blanc citronnelle. Dans le mille ! Un plat de haut niveau rehaussé par un verre (ou deux) de Chardonnay La Gravière de Jean-François Ganevat. Côté viande, nous continuons avec la côte de cochon au miso (qui manque de tendreté malgré une cuisson respectée), nappée d’une délicieuse crème d’ail rôti, escortée de fenouils et pickles de poire. Après avoir fait honneur à une sélection de gruyères, nous concluons avec une crème citron, sablé breton et fruits rouges dont la présentation un brin brouillonne ne rivalise pas avec le niveau des plats salés.

Avec un service efficace et accueillant, il va sans dire que le Bleu Nuit revit ! Que ce soit pour un merveilleux menu de midi ou une approche « gastro-bistrot » plus tardive, ce restaurant est déjà devenu une nouvelle étape incontournable pour tout afficionados de bons moments culinaires.


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Bleu Nuit

4 rue du Vieux-Billard, 1205 Genève

Mots clés : bistrot, côte de chochon, daurade, Genève, saint-pierre