Bistrot ou Avocado… ?

17 mars 2019

Icône incontournable des foodies, impossible de passer à côté de cette marée verte et instagramable. A quand la contre-attaque du bistrot sur l'avocado?

Guerre des Tranchées

A l’heure où les toasts à l’avocat surmontés d’un œuf mollet et où le satané chou kale rehaussé de quelques graines de chia et d’une vinaigrette à l’huile de colza envahissent nos assiettes pour le déjeuner, qu’en est-il des plats canailles mijotés pendant des heures que nos chères mères ou grands-mères concoctaient le dimanche ?

Tea-Rooms 2.0

Faut-il s’avouer vaincu par cette tendance portée par des tea-rooms modernes version 2.0 qui servent de l’eau filtrée aromatisée au concombre avec rondelle de citron en la vendant au prix fort ? Une vague, certes healthy, qui nous envahit et nous amène au bord du précipice vegan, sans gluten et sans âme. Ne serait-il pas grand temps que les bistrots repartent à la conquête d’une clientèle longtemps absente et cruellement en manque de repère ?

Latté Matcha

A l’image de deux voisins de palier se querellant sur la prédominance sonore entre les pleurs d’un bébé ou le son abusif de la voix d’Ariana Grande, bistrot et coffee shop n’ont pas vraiment grand-chose en commun. Oui, les deux peuvent cohabiter mais sans forcément s’apprécier. Il n’est pas difficile de constater que la moyenne d’âge des clients d’un bistrot est supérieure à celle d’un coffee shop. Le prix en serait-il la cause ? Absolument pas ! Car ces lieux « d’assemblage » sans réelle connaissance de l’art de la cuisson et la maîtrise des sauces, dont la plupart ne peuvent (ni ne cherchent) à être considérés comme des restaurants, ne sont pas si abordables. Alors pourquoi un tel succès ? Le wi-fi est-il plus rapide ? Les lampes de style nordique éclairent-elles mieux ? Ou ces lieux sont-ils simplement cool tout en permettant à leurs clients d’être vus en train de boire un latté matcha après une intense séance de pilates.

Artisans du Goût

Attention, que l’on se comprenne bien, le sacro-saint bistrot est un restaurant qui respecte les saisons en utilisant des produits du marché à un prix relativement abordable (il ne faut pas déconner, nous restons à Genève) et en proposant un service convivial et une belle carte de jus (non je déconne, de vin). L’art du bistrot réside dans des sauces qui mijotent toutes les nuits et des cuissons à la seconde près. Car non, le mélange de poudre Maggi et d’eau ou l’utilisation d’une brique de jaune d’œufs sont inexistants ! Encore moins le placardage d’un label sur le devant de la porte pour se donner bonne conscience et pour faire plaisir à GastroSuisse. Ces artisans du goût et d’un savoir culinaire en voie de disparition sont des magiciens, encore faut-il savoir les trouver.

Duo Gagnant

Le comble c’est qu’il y a de fortes chances pour que la viande d’une blanquette de veau provienne des environs alors que l’avocat ne pousse pas dans les champs du Gros-de-Vaud (même si son fruit est vendu bio). Alors la prochaine fois que vous sortez d’une salle de sport, entre un granola d’avoine aux baies de goji accompagné d’un jus green detox option gingembre et un pot-au-feu mijoté avec un coup de rouge, n’hésitez plus ou tout du moins considérez les deux!


Retour


Mots clés : avocat, bistrot