21h37 : Trop tard pour festoyer !

24 mars 2019

Quatre clients arrivent en fin de service et se voient refuser l'accès au restaurant. Cette pratique courante à Genève deviendrait-elle une règle ?

Client Volatile

Alors que la restauration genevoise peine à faire salle comble subissant de plein fouet une conjoncture difficile et une compétition féroce, le client se fait rare et devient plus volatile que jamais. Il va sans dire qu’il n’a jamais été autant d’actualité d’offrir un service hors-pair associé à une cuisine originale, goûteuse avec un rapport qualité prix attrayant.

21h37

En pleine dégustation d’un magnifique filet de poisson dans un restaurant à la cuisine talentueuse et au service généralement impeccable, une scène plus que surprenante attire mon attention. Ce soir-là l’établissement est à moitié vide (ou à moitié plein selon votre degré d’optimisme) et à 21h37 précises, quatre jeunes branchés bon chic bon genre ouvrent la porte de l’établissement en quête de salut culinaire. Loin d’être éméchés et d’avoir des têtes de tueurs à gage, la situation est une aubaine pour un restaurateur.

Tirer sa révérence

À ma grande surprise, le serveur (pourtant aussi professionnel qu’efficace et aimable jusque là) refuse de servir cette jeunesse en prétextant la fermeture imminente de la cuisine. Encore plus surprenant, le jeune homme tire sa révérence 5 minutes plus tard en justifiant la fin de son service. Plusieurs questions se posent. Le restaurant est-il assez rentable pour se permettre de refuser des clients (et même si c’était le cas) ? L’employé a-t-il pris la liberté de rentrer plus vite chez lui en l’absence du patron ? N’aurait-il pas fallu placer les clients et leur servir un plat facilement réalisable ? Le patron est-il au courant des prises de position risquées d’un staff plus motivé à rentrer chez lui qu’à travailler ?

Aux armes !

Genève est une des seules villes au monde où une telle situation peut se produire. Il n’est donc pas surprenant d’observer un phénomène de fuite des clients, surpris et déçus vers des contrées plus accueillantes. Ce restaurant, dont je tairai le nom par élégance et respect, a sûrement dû perdre pour toujours les quatre clients en question. Devant une concurrence européenne sans cesse grandissante et un attrait économique hors-frontières en raison des tarifs pratiqués autour du bassin lémanique, Genève – tous secteurs confondus – ne peut se permettre de tels agissements. Aux armes (et cetera)…


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